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Dossiers
Recyclage
Le recyclage au Québec
Dès 1960, l'industrie des pâtes et papiers du Québec recyclait des fibres récupérées. Au cours des dix dernières années, confrontées à de nouvelles exigences de la part de certains clients, à une demande croissante des consommateurs pour ce type de produits, et désireuses de contribuer à la valorisation des résidus, les papetières québécoises ont considérablement augmenté l'utilisation de vieux papiers et cartons dans leurs procédés de fabrication.
Les acteurs
À la base du recyclage se trouvent les consommateurs de produits papetiers, lesquels sont de plus en plus conscients de l'importance de respecter l'environnement et de freiner le recours à l'enfouissement. L'implantation de nombreux programmes de collecte sélective et la volonté de la population d'agir en harmonie avec l'environnement ont, en effet, contribué à accroître substantiellement le recyclage des déchets municipaux.
Le taux de participation des citoyens varie cependant beaucoup d'un endroit à l'autre, souvent au gré des campagnes de sensibilisation. En moyenne, de 40 % à 50 % des vieux papiers et cartons consommés au Québec sont récupérés après consommation. Malheureusement, dès que les gens entendent moins parler de récupération, la participation baisse. Même avec une sensibilisation soutenue, le taux d'effort a tendance à plafonner lorsqu'un certain seuil est atteint.
Pour que le Québec poursuive ses efforts en matière de recyclage, le ministère de l'Environnement du Québec a lancé, en 1998, son Plan d'action québécois sur la gestion des matières résiduelles. Les entreprises qui produisent des contenants, des imprimés et des emballages seront bientôt obligées de récupérer (ou de contribuer au financement de la collecte sélective), et les communautés urbaines, ainsi que les MRC seront tenues d'élaborer des plans de gestion des matières résiduelles, que devront mettre en ?uvre les municipalités de leur territoire.
Le désencrage
Si on recycle les vieux papiers et cartons depuis le milieu du siècle dernier au Québec, le désencrage, lui, est beaucoup plus récent. La toute première usine de désencrage a vu le jour en 1983, à Breakeyville, près de Québec. Mais ce n'est qu'au cours de la décennie suivante que sont nés les dix autres ateliers de désencrage actuels, presque tous contigus à une usine de papier.
Une part importante de la production qui sort des usines papetières du Québec contient aujourd'hui des fibres désencrées. Ces dernières sont majoritairement intégrées au papier journal (69 %) destiné aux États-Unis où, dans certains États, les lois imposent l'intégration de fibres recyclées dans les journaux. Le reste de la pâte désencrée entre dans la composition de papiers tissus et, dans une moindre mesure, de papiers fins et de cartons couchés.
Les industriels du désencrage sont toutefois aux prises avec une qualité de vieux papiers qui se dégrade sans cesse depuis quelques années. Trop souvent, les citoyens qui participent de bon gré à la collecte sélective sont invités à mettre dans un seul et même bac de récupération papiers, cartons, verre, plastiques et métaux. Le papier ainsi récupéré a de fortes chances d'être souillé par de la nourriture, des liquides ou de fines particules de verre cassé. L'instauration de cueillettes séparées pour les papiers et pour les autres matières recyclables réglerait ce problème.
Le recyclage et la récolte de bois
Maintes fois, il a été dit que le recyclage des vieux papiers permettait de " sauver " des arbres. Dans les faits, le recyclage des vieux papiers et cartons permet qu'une plus grande proportion des arbres récoltés chaque année au Québec soit utilisée à des fins autres que la fabrication des pâtes et papiers, notamment à la production de bois d'?uvre. C'est ainsi qu'au Québec, plus de 85 % de la matière ligneuse récoltée en forêt publique est destinée à l'industrie du sciage. En guise de matière première, l'industrie papetière utilise principalement des copeaux, un sous-produit de la fabrication du bois d'?uvre. Même si la récupération et le recyclage des vieux papiers ont beaucoup augmenté au Québec au cours des dernières années, ceci n'a donc que peu d'effets directs sur les volumes de récolte de bois.
L'avenir du recyclage au Québec
La popularité des papiers recyclés soulève cependant, à moyen terme, la question des approvisionnements en fibres secondaires. Même si la récupération des vieux papiers au Québec augmente, les papetières de la province seront toujours obligées de se tourner vers les marchés étrangers pour subvenir à leurs besoins. Elles sont ainsi vulnérables aux fluctuations des prix. Cette dynamique milite donc en faveur d'un effort concerté et accru, de la part de tous les acteurs, pour augmenter la récupération au sein même du Québec. D'autre part, comme le recyclage fait maintenant partie des m?urs, l'industrie forestière québécoise va continuer à en maximiser les avantages environnementaux et économiques.



